Claire Castillon a écrit cinq romans : Le Grenier, Je prends racine, La reine Claude, Vous parler d'elle, Pourquoi tu m'aimes pas ?, Dessous c'est l'enfer et Les cris
Elle a également signé deux recueils de nouvelles, Insecte et On n'empêche pas un petit coeur d'aimer
Enfin elle a participé à une expérience de litté-réalité, 48h au Lutetia.
Editeur :
Editions Fayard (6 janvier 2010)
La quatrième de couverture:
Il s’agit d’une rupture. En d’autres termes, d’une formalité.
Un beau jour, Adam montre les premiers signes de faiblesse: «J’aime être avec toi, j’aime rire, vivre, dormir avec toi, j’aime faire l’amour avec toi. Mais je ne sais pas si je t’aime.»
Il est à abattre, pense-t-elle, puisque, la fuyant, il ne tient pas les promesses de l’amour.
Aussitôt, sa perception se trouble mais elle refuse que la douleur organise l’émotion; l’utiliser à autre chose, oui, employer la destruction du sentiment à la construction du livre. Elle ne revient pas sur l’idée qu’elle aime les ruptures et fabrique le drame de toutes pièces. À vivre, l’échec est contraignant. À écrire, le voilà utile. Spirituel. Excitant.
Le lecteur entre alors dans la tête d’un écrivain. Il passe à la lessiveuse. Avec ce couple qui se sépare, il découvre l’écriture comme méthadone du sentiment.
Editeur :
Editions Fayard (18 août 2008)
La quatrième de couverture:
Les hommes sont des ânes comme les autres.
Et les femmes de cette famille, de bonnes ânesses dévouées et soumises. C'est la malédiction à
laquelle la narratrice veut échapper. A moins que son âne à elle ne l'inspire. Alors elle
l'assassinera au fil des pages ; Mais ensuite ? Après son enfance solitaire, silencieuse,
ressassée, comment aimer ? En choisissant un autre homme pour la proéminence de sa pomme d'Adam ?
Absurde. Mais elle part avec cet homme là, c'est décidé. Mais s'il est question d'amour, cette fois,
comment le vivre sans l'écrire ? Comment fermer ce troisième œil qui s'obstine à voir ce que le cœur
ignore ? Scruter, décortiquer, noter, c'est sa malédiction à elle. Elle est écrivain.
Editeur :
Editions Fayard (Janvier 2007)
La quatrième de couverture:
On n'empêche pas un petit cœur d'aimer.
Surtout un petit cœur sec. Jaloux. Tordu. Malheureux. Il faut l'admettre, l'amour n'est pas l'apanage des gens aimants.
D'ailleurs, l'auteur avait pensé intituler son recueil de nouvelles : Infect. Mais d'Insecte à Infect,
la rime était trop facile. Pourtant, infects, nous le sommes tous plus ou moins quand nous aimons.
Editeur :
Editions Fayard (Janvier 2006)
La quatrième de couverture:
Insecte évoque les rapports entre les mères et les filles. Dix-neuf nouvelles qui sont l’expression libre
de sentiments intenses, de pensées fulgurantes, irréelles quelquefois, qui s’installent pourtant sans
relâche dans la tête des mères et des filles. Dans ces nouvelles, les pensées fugitives deviennent des
récurrences, des poids, des raisons de vivre. La mère est un insecte et la fille son insecte. Vice-versa.
Mante religieuse, lézard ou coccinelle, les femmes étudiées à la loupe ont sans doute des vies à facette.
Editeur :
Editions Fayard (Août 2004)
La quatrième de couverture:
Qu'entend-elle en bas, qui la terrifie ? D'où viennent
ces visions qui la hantent, et d'où cette peur enfantine et diabolique à la fois ? Depuis combien
de temps est-elle cachée là, suspendue sous les poutres du toit, dans sa maison d'enfance ? Et si
c'était elle, l'oiseau de malheur ?
Au bout de ses doigts, les os poussent et s'aiguisent, sa langue devient crochet, ses dents sont
aussi acérées que des couteaux. Qui est l'ennemi ?
Elle revoit sa vie, mais que valent ses souvenirs ? Elle est la fille chérie d'un père chéri,
fille trop aimante qui veut partager sa couche. Adolescente, elle va de motel en motel pour
s'offrir aux soudards. Elle est cernée par des chasseurs à l'odeur de viande fraîche.
Plus tard, elle est la proie consentante d'un amant cruel et inflexible. Elle piétine
leur amour autant qu'elle le protège. Elle enfante mais aucun nourrisson ne survit à sa haine des hommes. Dans sa détresse, elle n'a plus d'âge, plus d'identité. A-t-elle jamais existé ?
Désordre de la mémoire, mensonges et vérités, enfance en loques et amours saccagées,
Claire Castillon nous mène où elle veut, dans un souffle.
Editeur :
Editions Fayard (Août 2003)
La quatrième de couverture:
" Ma mère lui tient froid. Elle transpire,
la pauvre, à force de lui tendre de l'amour, qu'elle dit, qu'elle croit, et qu'il ne prend plus.
C'est qu'ils vivent un amour qui ressemble à l'ennui, une étape imbécile, à deux, à se chamailler.
Je crois qu'elle l'aime parce qu'il le faut. Lui reste pour l'enfant. L'enfant bientôt jeune
homme qu'ils ont eu finalement.
Il a dix ans, il redoute le drame entre ses parents - qu'ils s'entre-tuent, par exemple. Jusqu'au
jour où, las de leurs gesticulations, il accomplit en toute innocence un premier acte barbare et
libérateur
Voilà comment on devient un méchant garçon, bien dans sa peau, de loin supérieur aux siens dans
l'art de faire mal
Claire Castillon est douée pour ces histoires horribles murmurées à l'oreille du lecteur.
Elle décrit la perversité comme un mal ordinaire. Elle a du style et du mordant
Editeur :
Editions Stock (mai 2002)
La première page :
C'est l'histoire de ma vie qui a croisé la tienne, c'est l'histoire de nos nerfs
en crise, de deux malades qui n'ont que l'amour pour moteur, la rage de rester haut. C'est l'histoire de deus têtes capables
de se saborder pour que l'autre ne meure pas. C'est l'histoire du sillon creusé depuis cette rencontre-là, le long duquel
poussent les fées et les fleurs. C'est l'histoire d'un prunier à déraciner parce qu'il s'est fichu au milieu, et les fleurs
n'ont plus d'eau. Il faut l'abattre, en faire du bois, le bois de notre croix et celui de nos feux. Tu ne mourras pas. Je t'aime.
Pompon, balle, boule ou nombril. Pelote, oeuf, cerise, melon, abricot, pomme, pomme de terre, patate, carrément, nectarine, ornage, clémentine, noix, noisette. Potiron. Reine Claude.
Editeur :
Editions Anne Carrière (septembre 2000)
La première page :
Les goûters font des miettes. Je me souviens d'une cours de récréation où
je défaisais les brides de mes chaussures, pour frapper ensuite à la porte de la classe du fond, les pieds en dedans,
et demander à l'institutrice de douzième de me les remettre, « s'il vous plait, mademoiselle, je ne sais pas ce qu'elles
ont ces chaussures». Une minute elle me gardait bien au chaud, je posais une question urgente : «Est-il vrai qu'en Grèce
les filles brodent? » Je trainais près du bureau, attendant qu'elle me réponde puis m'ordonne : «Maintenant retourne vite
jouer, la récréation est bientôt terminée. Ta maitresse risque de te chercher. » Parfois, pour le lendemain, je dessinais
sa réponse à ma question, et la lui apportais en même temps que mes pieds déchaussés. Elle me remerciait, s'accroupissant
devant ma jeune solitude.
Je retournais dehors, à côté du mur lisse soutenant le portail, et regardais la rue, en cachette, pour ne pas qu'un
surveillant vienne me demander d'aller au centre de la cour jouer avec les autres.
Editeur :
Editions Anne Carrière (septembre 2001)
La première page :
Tu pars. Il est tôt, mais tu pars. Je n'ai que ton foutre dans mon grenier qui se mélange avec la barbe à papa
que je mange en entier parce que, dans les greniers, il faut des toiles d'araignée, et aussi des bâtons pour
parfois décrocher les toiles. Et ton foutre est pris de l'araignée, et j'ai mal dans mon ventre, et ma tête
est serrée. Tu me manques, j'ai avalé ta photo. J'ai bu ton santal, j'ai léché la baignoire où tu avis pris
ton bain, et ma chatte a sniffé la farine dont tu t'étais servi pour dorer les soles, ça lui fait un effet de
coke, elle a joui en dehors de moi.
C'est bon les soles. A chaque fois que je te regarde manger les oeufs, c'est comme si tu goûtais mes ovaires,
ces choses qui ne serviront jamais parce que tu ne me feras pas d'enfants. Mes ovaires sont le cancer de mon
grenier, ils font de l'ombre à tout le reste, ils occupent trop ma tête.
Je devrais me contenter de vous aimer, toi et ta femme, celle au bouquet rond qui ne fanera jamais, vous et
votre fils, au charme de sa mère, au talent de son père.
Présentation :
Une expérience unique au monde (initiative de Franck Maubert et Béatrice Belehradek, directrice du palace)
un recueil de nouvelles inédites. Quand les écrivains se plient aux règles de la litté-réalité.
- Le Château - ou le Loft - s'appelle l'Hôtel Lutetia, le célèbre Palace de la Rive Gauche.
- Les « staracadémiciens » - ou les lofteurs - sont des écrivains.
- On les enferme 48 heures dans le célèbre palace de la rive gauche.
- Interdiction de sortir.
- Permission de boire et de recevoir.
- Une mission : tirer une nouvelle de cette expérience.
- Un thème : le sommeil.