Editions Fayard (Janvier 2007)
Présentation de l'éditeur:
On n'empêche pas un petit cœur d'aimer. Surtout un petit cœur sec. Jaloux.
Tordu. Malheureux. Il faut l'admettre, l'amour n'est pas 'apanage
des gens aimants. D'ailleurs, l'auteur avait pensé intituler son
recueil de nouvelles : Infect. Mais d'Insecte à Infect, la rime était
trop facile. Pourtant, infects, nous le sommes tous plus ou moins quand nous aimons.
Editions Fayard (Janvier 2006)
Présentation de l'éditeur:
Insecte évoque les rapports entre les mères et les filles.
Dix-neuf nouvelles qui sont l’expression libre de sentiments intenses,
de pensées fulgurantes, irréelles quelquefois, qui s’installent pourtant
sans relâche dans la tête des mères et des filles. Dans ces nouvelles,
les pensées fugitives deviennent des récurrences, des poids,
des raisons de vivre. La mère est un insecte et la fille son insecte.
Vice-versa. Mante religieuse, lézard ou coccinelle,
les femmes étudiées à la loupe ont sans doute des vies à facette.
Les nouvelles d'Insecte :
Ma fille est ma meilleure amie ;
mon père n'est pas méchant maman ;
arrange-toi, tu es déguisée ;
ma mère est bête ;
ma fille est idiote ;
j’aime encore mieux que mon mari me trompe avec notre fille ;
ma fille est née dans une rose mais périra dans le chou ;
ma mère a un cancer, elle m’énerve ;
ma mère se laissait tellement aller qu'elle est morte.
Source: Fayard
Editions Fayard (Août 2004)
"Il faudrait pouvoir sortir de soi son enfance et le prendre par la main pour aller faire avec elle, avant le
soir, un tour sur la plage."
Bernard Desportes
La quatrième de couverture :
Qu'entend-elle en bas, qui la terrifie ? D'où viennent ces visions qui la hantent,
et d'où cette peur enfantine et diabolique à la fois ? Depuis combien de temps est-elle
cachée là, suspendue sous les poutres du toit, dans sa maison d'enfance ? Et si c'était
elle, l'oiseau de malheur ?
Au bout de ses doigts, les os poussent et s'aiguisent, sa langue devient crochet, ses
dents sont aussi acérées que des couteaux. Qui est l'ennemi ?
Elle revoit sa vie, mais que valent ses souvenirs ? Elle est la fille chérie d'un
père chéri, fille trop aimante qui veut partager sa couche. Adolescente, elle va de
motel en motel pour s'offrir aux soudards. Elle est cernée par des chasseurs à l'odeur
de viande fraîche. Plus tard, elle est la proie consentante d'un amant cruel et inflexible.
Elle piétine leur amour autant qu'elle le protège. Elle enfante mais aucun nourrisson
ne survit à sa haine des hommes. Dans sa détresse, elle n'a plus d'âge, plus d'identité.
A-t-elle jamais existé ?
Désordre de la mémoire, mensonges et vérités, enfance en loques et amours saccagées,
Claire Castillon nous mène où elle veut, dans un souffle.
La première page :
Il metire par le bras. Il dit que tout au bout on verra la mer. Est-ce que je t'ai déjà menti?
demande-t-il. Pourquoi tu ne réponds pas? Tu ne mijoterais pas un sale coup pas hasard?
Un non sans vie sort vide, sans moi. Va plus vite, je n'entends pas, remonte à ma hauteur, je te
protège du vent, tu ne trouveras pas beaucoup d'amants qui te protègeront des éléments.
J'ai mal aux jambes. On enlève nos chaussures, on les cache dans les herbes. On court vers la mer et les
passants nous regardent. Ils me préviennent d'un danger. N'écoute pas les autres, dit mon amant, ils ne
sauront jamais la vérité, crois-moi. Je regarde mon homme et je le trouve beau. Je ne peux pas lui mentir,
il y a en lui trop de possessions pour que je le dépossède du reste de vérité qui l'habit encore. J'aime penser à
son plaisir, j'aime penser que, de ma rigoureuse, respectueuse obéissance, dépend le mien. Je t'aime, mon
coeur, répète-il, nous c'est beau, tu seras en blanc, tu entends?
Editions Fayard (Août 2003)
La première page :
Il s'arrête chez le poissonnier pour carresser une anguille. Je reste caché,
j'ai peur de ne pas l'approcher assez doucement. J'achète le pain et monte vite
rejoindre ma mère à la maison. Un jour il déraillera, et certains maraíchers
hocheront la tête en le regardant, le fou, avec son petit cartable. T'as ton tan's?
plaisanteront-ils entre eux. Quand je regarde mon père, cette chair molle livrée aux loups, ma gorge se noue.
Il traíne dans le marché couvert. Il va attendre la nuit pour rentrer. C'est toujours cette lassitude à
l'idée de devoir ouvrir la bouche, dire bonsoir, ce mal dans la peau, mal à ses membres lourds, ce sommeil
aux aguets, prêt à l'abattre en plein vol.
Ma mère lui tient froid. Elle a chaud, elle transpire la pauvre, à force de lui tendre l'amour,
qu'elle dit, qu'elle croit, et qu'il ne prend plus. C'est qu'ils vivent un amour qui ressemble à l'ennui, une étape imbécile,
à deux, à se chamailler. Je crois qu'elle l'aime parce qu'il le faut. Lui reste pour l'enfant, l'enfant bientôt
jeune homme qu'ils ont eu finalement.
La quatrième de couverture :
" Ma mère lui tient froid. Elle transpire, la pauvre, à force de lui tendre de l'amour, qu'elle dit, qu'elle croit, et qu'il ne prend plus. C'est qu'ils vivent un amour qui ressemble à l'ennui, une étape imbécile, à deux, à se chamailler. Je crois qu'elle l'aime parce qu'il le faut. Lui reste pour l'enfant. L'enfant bientôt jeune homme qu'ils ont eu finalement.
Il a dix ans, il redoute le drame entre ses parents - qu'ils s'entre-tuent, par exemple. Jusqu'au jour où, las de leurs gesticulations, il accomplit en toute innocence un premier acte barbare et libérateur
Voilà comment on devient un méchant garçon, bien dans sa peau, de loin supérieur aux siens dans l'art de faire mal
Claire Castillon est douée pour ces histoires horribles murmurées à l'oreille du lecteur. Elle décrit la perversité comme un mal ordinaire. Elle a du style et du mordant
Editions Stock (mai 2002)
"La vie a tout dicté. Je peux consacrer mes dernières forces á la terre,
mais ma pensée s'est retirée de la vie, elle est ailleurs, dans le monde des choses incertaines.
Je n'ai plus rien á dire á personne."
Jacques Chardonne
La première page :
C'est l'histoire de ma vie qui a croisé la tienne, c'est l'histoire de nos nerfs en crise, de deux malades
qui n'ont que l'amour pour moteur, la rage de rester haut. C'est l'histoire de deus têtes
capables de se saborder pour que l'autre ne meure pas. C'est l'histoire du sillon creusé depuis cette
rencontre-là, le long duquel poussent les fées et les fleurs. C'est l'histoire
d'un prunier à déraciner parce qu'il s'est fichu au milieu, et les fleurs n'ont plus d'eau.
Il faut l'abattre, en faire du bois, le bois de notre croix et celui de nos feux. Tu ne mourras pas. Je t'aime.
Pompon, balle, boule ou nombril. Pelote, oeuf, cerise, melon, abricot, pomme, pomme de terre, patate, carrément,
nectarine, ornage, clémentine, noix, noisette. Potiron. Reine Claude. (...)
Editions Anne Carrière (sept 2001)
"Un jour mon prince charmant viendra..." Blanche-Neige et les sept nains
La première page :
Les goûters font des miettes. Je me souviens d'une cours de récréation où je
défaisais les brides de mes chaussures, pour frapper ensuite à la porte de la classe
du fond, les pieds en dedans, et demander à l'institutrice de douzième de me les remettre,
« s'il vous plait, mademoiselle, je ne sais pas ce qu'elles ont ces chaussures». Une minute elle me gardait
bien au chaud, je posais une question urgente : «Est-il vrai qu'en Grèce les filles brodent? »
Je trainais près du bureau, attendant qu'elle me réponde puis m'ordonne : «Maintenant retourne vite jouer,
la récréation est bientôt terminée. Ta maitresse risque de te chercher. »
Parfois, pour le lendemain, je dessinais sa réponse à ma question, et la lui apportais en même temps que mes
pieds déchaussés. Elle me remerciait, s'accroupissant devant ma jeune solitude.
Je retournais dehors, à côté du mur lisse soutenant le portail, et regardais la rue,
en cachette, pour ne pas qu'un surveillant vienne me demander d'aller au centre de la cour jouer avec les autres.(...)
Editions Anne Carrière (sept 2000)
"L'éphémère vit d'éclairs. Et je ne demande pas au bonheur une rente."
Romain Gary
La première page :
Tu pars. Il est tôt, mais tu pars. Je n'ai que ton foutre dans mon grenier qui se mélange avec la barbe à papa que je mange en entier parce que, dans les greniers, il faut des toiles d'araignée, et aussi des bâtons pour parfois décrocher les toiles. Et ton foutre est pris de l'araignée, et j'ai mal dans mon ventre, et ma tête est serrée. Tu me manques, j'ai avalé ta photo. J'ai bu ton santal, j'ai léché la baignoire où tu avis pris ton bain, et ma chatte a sniffé la farine dont tu t'étais servi pour dorer les soles, ça lui fait un effet de coke, elle a joui en dehors de moi.
C'est bon les soles. A chaque fois que je te regarde manger les oeufs, c'est comme si tu goûtais mes ovaires, ces choses qui ne serviront jamais parce que tu ne me feras pas d'enfants. Mes ovaires sont le cancer de mon grenier, ils font de l'ombre à tout le reste, ils occupent trop ma tête.
Je devrais me contenter de vous aimer, toi et ta femme, celle au bouquet rond qui ne fanera jamais, vous et votre fils, au charme de sa mère, au talent de son père.(...)
Il y a des personnes qui disent qu'elles visitent d'abord le grenier lorsqu'elles découvrent une maison. Pourquoi ne pas faire pareil quand il s'agit d'humain ? Pourquoi ne donner, pourquoi ne recevoir que le vernis ? A quoi bon parler de mots qu'on aura oublié tout à l'heure ? Demander des nouvelles d'enfants dont on sait qu'on va vous les vendre, beaux, rigolos, intelligents, en avance pour leur âge, d'un mari qu'on va vous brader ou vous encenser, d'une maladie dont on a volontairement raté les trois quarts des étapes et qui progresse, comme c'est triste... A quoi bon juger alors qu'on ne connaît rien de ce qui palpite chez l'autre ? Il ne s'agit pas d'offrir ses tripes au premier venu, il s'agit d'accepter de glisser. En découvrant ce qu'elle a, elle, au fond du corps, au fond du coeur, en étudiant de quoi est fait son sang, la narratrice du "Grenier" dit Oui à l'explication, oui à la vérité, oui au passage, au risque d'essayer la douleur. Elle refuse le mensonge, et le message est là, dans A quoi ça sert de vivre les choses à moitié ? A quoi ça sert de goûter du bout des lèvres, d'aimer pour un moment, de respirer au minimum ? Jusqu'où va t-il falloir rétrécir l'horizon ? II faut donner, pas par générosité, mais par choix, donner tel quel au lieu de s'économiser, au lieu de tromper toujours à ne parler de rien, donner même dans le silence, malgré le choc, malgré la peur, malgré ce qui se fait. J'ai voulu donner ça, et je souhaite que "Le Grenier" vous plaise. Bonne lecture.(Claire Castillon)
Trois jeunes femmes se découvrent et se parlent, de la vie, de l'amour.
Naît l'angoisse. L'angoisse ?
Pourquoi pas celle d'une seule femme disloquée en trois ?
Imaginez une poupée gigogne renouvelée à l'infini.
Une femme tout simplement,
contraire aux machines programmées,
qui choisit des chemins tortueux,
afin de découvrir toutes les femmes qui sont en elle.
Bien davantage que faire de sa vie quelque chose de tout droit, il s'agirait plutôt de faire de sa vie quelque chose de bien à soi.
Claire Castillon
La poupée qui tousse est un texte écrit par Claire Castillon et qui a été mis en scène par la compagnie Kaleïdo.
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